Sur la route : Un jour, un chapitre, Partie 1. (Chapitre 1 à 14)


Retrouvez ici un événement mis en place par le site Ontheroad4kerouac.org
qui consiste à publier chaque jour une citation d'un chapitre du livre Sur la route.
Tout ceci est fait dans le cadre du projet global OTR4K, un hommage pour les 90 ans de Kerouac.
Je vous invite d'ailleurs à participer à ce projet en envoyant vos lettres, photos ou dessins  à l'adresse submit@ontheroad4kerouac.org.


Sur la route, Partie 1 : 


 Chapitre 1 :

 '' Un gars de l'Ouest, de la race solaire, tel était Dean. Ma tante avait beau me mettre en garde contre les histoires que j'aurais avec lui, j'allais entendre l'appel d'une vie neuve, voir un horizon neuf, me fier à tout ça en pleine jeunesse; et si je devais avoir quelques ennuis, si même Dean devait ne plus vouloir de moi pour copain, et me laisser tomber, comme il le ferait plus tard, crevant de faim sur un trottoir ou sur un lit d'hôpital, qu'est-ce que cela pouvait me foutre ? J'étais un jeune écrivain et je me sentais des ailes. Quelque part sur le chemin, je savais qu'il y aurait des filles, des visions, tout, quoi; quelque part sur le chemin on me tendrait la perle rare.''




Chapitre 2 :

 ''Bref, abandonnant mon gros manuscrit inachevé qui trônait sur mon bureau, refermant un matin pour la dernière fois mon lit douillet, je pris le large avec le sac de toile où j'avais serré quelques objets indispensables et je mis le cap sur l'océan Pacifique avec mes cinquante dollars en poche.'' 




Chapitre 3 :

''Je n'étais pas épouvanté; j'étais simplement quelqu'un d'autre, un étranger et ma vie entière était une vie magique, la vie d'un spectre. J'étais à mi-chemin entre l'Est de ma jeunesse et l'Ouest de mon avenir, et c'est peut-être pourquoi cela m'est arrivé justement en cet endroit et à cet instant, par cet étrange après-midi rougeoyant.''





Chapitre 4 :

'' C'étaient deux frères; ils transportaient du matériel agricole de Los Angeles au Minnesota et faisaient ainsi pas mal d'argent. Allant à vide vers la côte, ils piquaient tout le monde sur la route. Ils avaient déjà fait cinq aller et retour. Ils se payaient du bon temps. Tout leur plaisait. Ils ne s'arrêtaient jamais de sourire.'' 




Chapitre 5 : 

'' Juste devant, s'élevant au-dessus du paysage mouvant des champs de blé, tout dorés sous les neiges lointaines de l'Estes, je pus enfin contempler le vieux Denver. Je m'imaginais dans un bar de Denver, le soir-même, avec toute la bande qui me trouverait quelque chose d'étranger et de loqueteux, quelque chose du Prophète qui a traversé le pays à pied pour porter l'obscure Parole; et la seule Parole que j'apportais, c'était : 'Miaou!' '' 



Chapitre 6 : 

'' Sa spécialité, c'était de piquer des autos, de soulever revolver au poing les filles qui, l'après-midi, sortaient du lycée, de les conduire en montagne, de se les envoyer et de revenir dormir en ville dans la première chambre-salle-de-bains qui se trouvait disponible.''





Chapitre 7 : 

''Ah, Sal, si tu pouvais t'asseoir avec moi en plein Pays Basque devant une bonne bouteille bien fraîche de Poignon Dix-neuf, alors tu saurais qu'il y a autre chose au monde que des fourgons à bestiaux.''




Chapitre 8 :

'' 'Moriarty, qu'ai-je donc appris à votre sujet, que vous couchiez avec trois filles à la fois ?' Et Dean traînant les pieds sur le tapis : 'Oui, oui, c'est comme ça que ça se passe.' '' 




Chapitre 9 :

'' - Eh bien, Sal, qu'est-ce que vous pensez du spectacle cette année ? me demanda fièrement Denver D. Doll quand nous fûmes dans la rue. Il était associé à la direction de l'opéra.
- Quelle tristesse, quelle tristesse, dis-je. C'est absolument grand. ''







Chapitre 10 :

''Ils s'installèrent et écoutèrent avec des sourires embarrassés Carlo Marx qui leur lisait sa poésie apocalyptique et loufoque. J'étais affalé sur ma chaise, épuisé. 'Oh, oiseau de Denver!' s'écriait Carlo. On sortit tous à la queue leu leu et on suivit une de ces ruelles caillouteuses, typiques de Denver, qui fumaient paisiblement.''





Chapitre 11 :

''Comme c'était désastreux tout ça, comparé à ce que je lui [Rémi Boncoeur] avais écrit de Paterson, quand je projetais de suivre ma ligne rouge, ma Route n°6, à travers l'Amérique. Voici que j'étais au bout de l'Amérique, au bout de la terre, et maintenant il n'y avait nulle part où aller, sinon revenir. Je résolus du moins d'adopter un périple circulaire : sur le champ je décidai d'aller à Hollywood et de revenir par le Texas pour voir ma bande au bord de son bayou ; du reste je m'en foutais.''





Chapitre 12 :

''Puis, à la façon de deux anges épuisés, désespérément échoués sur un haut-fond de Los Angeles, après avoir connu ensemble la chose la plus secrète et la plus voluptueuse de l'existence, nous nous abandonnâmes au sommeil jusqu'à une heure avancée de l'après-midi.''




Chapitre 13 :

''Ah, c'était une belle nuit, une nuit chaude, une nuit à boire du vin, une nuit lunaire et une nuit à serrer sa môme de près, à parler, à l'enfiler et à voir le septième ciel. C'est ce qu'on fit.''




Chapitre 14 :

‘’Tout à coup je me trouvais à Times Square. J’avais parcouru huit mille milles à travers le continent américain et j’étais de retour à Times Square ; et même en plein dans une heure de pointe, contemplant avec mes yeux naïfs de routier la démence absolue et la fantastique fanfaronnade de New-York avec ses millions et ses millions de types se chamaillant pour un dollar, le cauchemar démentiel : empoigner, prendre, céder, soupirer, mourir, tout cela pour finir dans les ignobles cités funéraires qui se trouvent derrière Long Island City.’’



Les traductions sont extraites du livre Sur la route, traduit de l'anglais par Jacques Houbard.
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« Les livres les plus réussis sont ceux que les éditeurs détestent le plus avant leur parution »


Par @OnTheRoadTheMov

Je n'ai pu, à la lecture de cette phrase, m'empêcher de penser à l'histoire de la parution de Sur La Route, venant juste de finir la rédaction d'un article à ce propos. 

Considérez donc ceci comme une introduction au prochain article, une histoire façon on the road revisitée au goût du XXI° siècle. 

Extrait de l'interview de Douglas Coupland - traduite par  Christophe Greuet :

J’ai récemment entendu quelqu’un dire que votre livre Génération X avait entièrement défini la façon dont elle et ses amis menaient leur vie. Comment vivez-vous le fait de capturer l’esprit du moment comme si cela était intentionnel ?

D.C. : C’est un complet accident, et je n’essaie pas de faire mon modeste. Les gens n’arrêtent pas de me dire que je publie les bons livres au bon moment, mais il faut qu’ils sachent que ce qui semble être le bon sujet à la date de parution ressemble à une quête de l’impossible deux ans et demi avant, lorsque le livre est conçu et démarré. En 1990, Génération X a été à deux doigts d’être supprimé par l’éditeur. Quant le livre est paru aux États-Unis, il fut un succès immédiat. Bien que donnant l’impression d’être sorti de nulle part, Génération X a survécu à de nombreuses tentatives pour annuler sa parution, tout au long de sa période de création.
Donc, pour revenir à votre question, est-ce que c’était l’objectif du livre de saisir l’atmosphère du moment ? Oh, putain, si seulement ! Mon expérience m’a prouvé que les livres les plus réussis sont ceux qui sont les éditeurs détestent le plus en amont. Microserfs a été démarré en 1993, une époque où vous pouviez encore vous balader sur le campus de Microsoft et toquer à la fenêtre de Bill Gates – je le sais pour l’avoir fait. Microsoft était encore un club de fous de technologie relativement isolés, avec une culture bizarre en marge de la société. Personne à New York ne savait ce qu’était Microsoft, et encore moins qui était Bill Gates. Le livre est sorti au cours de l’été 1995, la semaine où Windows 95 a été lancé lors d’une campagne qui ressemblait à une opération de déploiement militaire. Mais c’était un coup du hasard. Vous ne pouvez prévoir ce genre de choses. Les livres conçus de façon cynique ne fonctionnement jamais. Je pense que c’est pareil pour tout. 
=> Lire l'article en entier : ICI 



''L'œuvre de Coupland aborde de façon centrale les difficultés de la vie de cette génération, notamment la saturation des medias, l'absence de valeurs religieuses et l'instabilité économique. On l'assimile au courant dit d'Anticipation sociale. .'' La suite : ICI



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En souvenir de Neal Cassady.



Une pensée pour Neal Cassady, qui aurait fêté ses 86 ans aujourd'hui. 

Compagnon de route de Jack Kerouac, c'est lui qui a inspiré le personnage de Dean Moriarty dans le roman Sur La Route. 


Neal Cassady et Jack Kerouac 












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